Comment ça marche
: le moteur diesel
Le moteur Diesel était considéré, jusqu'à une époque
récente, comme un moteur bruyant, polluant et lourd,
réservé en principe aux camions, camionnettes
et taxis. Mais, avec l'avènement des Diesel légers,
rapides et puissants et le raffinement de leurs systèmes
d'injection, la situation a changé dans les années
1980. Le Diesel a acquis ses lettres de noblesse. On le présente
même parfois comme le moteur du futur.
L'avantage principal du moteur Diesel par rapport au moteur à explosion
est son faible coût d'utilisation. Ce résultat
est dû en partie au meilleur rendement du Diesel - résultant
du fait qu'il fonctionne avec un taux de compression élevé -
en partie au prix inférieur du carburant par rapport à celui
de l'essence, bien que cette différence s'amoindrit à chaque
nouvelle hausse tarifaire.

Comment ça marche
- Injecteur
- Arbre à cames
- Soupape
- Piston
- Bielle
- Vilebrequin
Le principe
Un moteur Diesel fonctionne différemment d'un moteur à essence.
Même si leurs principaux organes sont semblables et s'ils
respectent le même cycle à quatre temps, un moteur
Diesel et un moteur à explosion présentent des
différences sensibles, en particulier dans la façon
dont le mélange carburé y est enflammé et
dans la manière dont la puissance délivrée
y est régulée. Dans un moteur à essence,
le mélange carburé est enflammé par une étincelle électrique.
Dans un moteur Diesel, l'allumage est obtenu par une auto-inflammation
du carburant à la suite de l'échauffement de
l'air sous l'effet de la compression.
Un rapport volumétrique normal est de l'ordre de 20 à 1
pour un moteur Diesel (alors qu'il est de 9 à 1 pour
un moteur à essence). Un tel taux de compression porte
la température de l'air dans le cylindre à plus
de 450 °C. Cette température étant celle
de l'auto-inflammation du gazole, celui-ci s'enflamme spontanément
au contact de l'air, sans qu'il y ait besoin d'une étincelle,
et, par conséquent, sans système d'allumage.
Un moteur à essence admet une masse de mélange
carburé variable d'un cycle à l'autre en fonction
de l'ouverture du papillon des gaz. Un moteur Diesel, au contraire,
aspire toujours la même masse d'air (à régime égal)
par un conduit de section constante dans lequel seule s'interpose
la soupape d'admission (il n'y a ni carburateur, ni papillon).
A la fin de la phase d'admission, la soupape d'admission se
ferme, puis le piston, soumis à l'inertie de l'ensemble
vilebrequin-volant moteur, remonte vers le haut du cylindre
en comprimant l'air dans environ 1/20 de son volume initial.
C'est à la fin de cette phase de compression qu'une
quantité précisément dosée de carburant
(gazole) est injectée dans la chambre de combustion.
En raison de la température élevée de
l'air comprimé, ce carburant s'enflamme immédiatement
et les gaz chauds, en se dilatant, repoussent le piston avec
force. Quand le piston remonte dans le cylindre, lors de la
phase d'échappement, la soupape d'échappement
s'ouvre pour laisser les gaz brûlés et dilatés
s'évacuer dans le système d'échappement.
A la fin de la phase d'échappement, le cylindre est
prêt à admettre une nouvelle charge d'air frais
afin que le cycle complet recommence.
L 'architecture des moteurs Diesel
Les organes principaux d'un moteur Diesel sont semblables à ceux
des moteurs à essence et remplissent les mêmes
fonctions. Cependant, le Diesel doit comporter des pièces
plus résistantes que leurs homologues équipant
les moteurs à essence car, le taux de compression y étant
nettement supérieur, les contraintes mécaniques
y sont nettement plus importantes.
Les parois d'un Diesel sont en général beaucoup
plus épaisses que celles d'un moteur à essence
et portent davantage de nervures et de renforts pour mieux
résister aux contraintes mécaniques et thermiques.
Les pistons, les bielles, le vilebrequin et doivent être
plus résistants que les mêmes organes montés
sur un moteur à essence. La conception de la culasse
doit être très différente en raison de
la présence des injecteurs de gazole et de la forme
spéciale des chambres de précombustion et de
combustion.
L'injection indirecte
Pour qu'un moteur à combustion interne fonctionne avec
régularité et ait un bon rendement, le carburant
et l'air doivent être correctement mélangés.
Les problèmes posés par le mélange air-carburant
sont particulièrement ardus dans un Diesel, car ces
composants y sont introduits dans les cylindres à des
moments différents du cycle.
Il existe deux types d'injection : l'injection directe et
l'injection indirecte.
Traditionnellement, c'est la solution de l'injection indirecte
qui a été employée, car elle constitue
le moyen le plus simple de créer une turbulence qui
assure un mélange intime de la dose de carburant avec
l'air déjà fortement comprimé dans la
chambre de combustion. Aussi, dans un moteur à injection
indirecte, le carburant n'est-il pas injecté directement
dans la chambre de combustion principale, mais il est envoyé dans
une petite chambre de turbulence en spirale (appelée
aussi chambre de précombustion) où s'amorce en
réalité la combustion. L'inconvénient
de ce système réside dans le fait que la chambre
de turbulence est en fin de compte une annexe de la chambre
de combustion, avec laquelle elle constitue un ensemble de
forme peu propice à l'obtention d'une combustion réellement
totale et régulière.
L'injection directe
Un moteur Diesel à injection directe ne possède
pas de chambre de turbulence dans laquelle le carburant est
injecté. Le gazole est envoyé directement dans
la chambre de combustion. Les concepteurs doivent porter une
attention particulière au dessin de la chambre de combustion
aménagée dans la tête du piston afin qu'elle
engendre une turbulence suffisante.
Le Common Rail, ou rampe commune
Le système d'injection haute pression à rampe
commune consiste à alimenter, via une pompe haute pression
pilotée électroniquement, une rampe commune (soit
common rail en anglais) qui assure la fonction d'accumulateur
du carburant. Cette rampe est connectée à des
injecteurs qui assurent une pulvérisation très
fine directement dans la chambre de combustion grâce à une
pression comprise entre 1350 et 1400 bars (contre 900 bars
pour une pompe d'injection normale). Cette pulvérisation
très fine permet d'améliorer la combustion. La
consommation et les émissions polluantes sont réduites.
Les injecteurs pompes

Comment ça marche
- Came spéciale
- Piston
- Injecteur
- Arbre à cames traditionnel
L'injecteur-pompe
Le système des injecteurs-pompes est propre à Volkswagen.
Comme la rampe commune, l'efficacité du système
est basée sur la haute pression. Celle-ci est provoquée
mécaniquement sous la poussée d'une came spécifique
placée sur l'arbre à cames traditionnel. Cette
came actionne à l'aide d'un poussoir un petit piston
qui augmente la pression dans l'injecteur afin de rendre plus
fine la pulvérisation.
Les bougies de préchauffage
Pour faciliter le départ à froid en élevant
la température des parois de la chambre de combustion
et de l'air admis, les Diesel sont équipés de
bougies de préchauffage. Ces organes, qui ressemblent à des
bougies d'allumage mais qui sont plus courts et plus épais,
sont connectés à l'alimentation électrique
du véhicule; ils comprennent une résistance intérieure
qui s'échauffe très rapidement dès qu'elle
est mise sous tension. Les bougies de préchauffage sont
mises en fonction par la clé de contact-démarrage-antivol.
Sur les moteurs les plus récents, elles sont mises automatiquement
hors circuit dès que le moteur est lancé et accéléré au-dessus
de son régime de ralenti.
Le contrôle du régime
Un moteur Diesel n'est pas régulé comme un moteur à essence,
car la masse d'air aspirée à chaque cycle y est
toujours la même quel que soit l'effort qui lui est demandé.
Le régime du moteur est uniquement régulé par.
la quantité de carburant pulvérisé dans
la chambre de combustion une quantité supérieure
de gazole injecté donne une combustion plus vive et
produit une force plus importante. La pédale d'accélération
est reliée au dispositif de dosage (le régulateur)
du système d'injection et non pas, comme dans un moteur à essence, à un
papillon d'admission d'air. Si l'arrêt d'un Diesel s'obtient
maintenant par la manoeuvre d'une clé semblable à une
clé de " contact ", il s'agit de couper non
pas un circuit assurant la production d'étincelles,
mais un circuit assurant l'alimentation électrique d'une électrovanne
qui contrôle l'arrivée de carburant à la
pompe d'injection du système de dosage et de distribution.
Le démarrage d'un moteur Diesel
Comme les moteurs à essence, les moteurs Diesel sont
lancés par un moteur électrique (démarreur)
qui amorce le cycle compression-inflammation. A froid, cependant,
les Diesel sont difficiles à démarrer, cela pour
au moins deux raisons. D'une part, ils opposent, du fait de
leur taux de compression élevé, une forte résistance à l'entraînement.
D'autre part, la seule compression de l'air froid ne permet
pas d'atteindre une température suffisamment élevée
pour que le carburant s'enflamme spontanément. Pour
pallier à cet inconvénient, les constructeurs
ont adopté pour leur moteurs des bougies de préchauffage.
Il s'agit de petits éléments dans lesquels est
incorporée une résistance électrique chauffante.
Ils sont alimentés par l'accumulateur du véhicule
et mis sous tension pendant quelques secondes avant le lancement
du moteur par le démarreur. |