Des prototypes d'hybrides, on en avait
déjà vu. Mais personne n'avait osé les
produire en série : trop cher, pas assez de clients.
Pourtant, Toyota osera franchir le pas en 1997, en commercialisant
la Prius sur le marché japonais puis, trois ans plus
tard, en Amérique du Nord et en Europe. A l'époque,
la presse économique soulignait l'aspect périlleux
de l'entreprise, affirmant que Toyota perdait près de
23 000 euros sur chaque voiture vendue ! Affirmations aussitôt
démenties par l'état-major du constructeur.
Mais l'histoire donnera raison aux Nippons : le choc des attentats
du 11 septembre et le déclenchement des opérations
militaires en Irak feront flamber les cours du pétrole,
remettant les économies d'énergie à l'ordre
du jour. Et quand la Commission Européenne menace de légiférer
sur les émissions de dioxyde de carbone, la technologie
hybride Toyota est déjà parvenue à pleine
maturité.
TOYOTA 10 ans d'hybrides

TOYOTA 10 ans d'hybrides
C'est qu'entre temps, non seulement la Prius en est arrivée à sa
deuxième génération (lancée en mars
2004), mais en plus l'Hybrid Synergy Drive a été déclinée
sur d'autres modèles du groupe, que ce soit chez Toyota
(Highlander et Camry en Amérique du Nord) ou chez Lexus
(RX 400h, GS 450h, LS 600 h...). Mieux : le constructeur a revendu
sa technologie à des concurrents ! Ford réutilise
ainsi 21 brevets Toyota sur son SUV Escape Hybrid, et les chinois
de First Automotive Works devraient bientôt fabriquer des
Prius sous licence pour le marché local.

En dix ans, Toyota a réussi à s'imposer comme un
constructeur de référence dans le domaine de l'hybride.
Même si d'autres concurrents ont été presque
aussi précoces sur le marché (essentiellement Honda
avec l'Insight en 1999 et la Civic en 2002), aucun ne peut revendiquer
près de 1,2 millions de véhicules hybrides vendus
! La Prius représente à elle seule près
des deux tiers de ce total. Et les objectifs pour demain sont
encore autrement plus ambitieux : Toyota espère atteindre
le rythme d'un million de véhicules hybrides par an à l'horizon
2010-2013 !
Pourtant, la technologie hybride n'est pas la panacée
universelle. Elle ne nous affranchit pas de notre séculaire
dépendance au pétrole, pose le problème
de la fabrication et du recyclage en masse des batteries et reste
plus coûteuse que les technologies moteur classiques.
TOYOTA 10 ans d'hybrides
TOYOTA 10 ans d'hybrides
Mais en l'état actuel des choses, la technologie hybride
s'inscrit comme un mode de transition vers la voiture d'après-demain,
qui s'alimentera probablement à l'hydrogène. En
attendant, l'hybridation fait partie de tout l'arsenal technologique
dont disposent les constructeurs pour tirer le maximum de chaque
goutte de carburant. Que ce carburant soit de l'essence, comme
sur les hybrides actuels, ou du bioéthanol (comme sur
le concept-car Volvo ReCharge), ou encore du gazole, comme Peugeot
et Citroën nous le promettent pour 2010.
En tous cas, rares sont les constructeurs à rejeter complètement
l'option hybride. Des constructeurs haut de gamme comme Audi,
BMW, Mercedes ou Porsche y voient une solution pour faire face à une éventuelle
norme de rejets de CO2, et même les spécialistes
américains des titanesques SUV (Chevrolet, GMC...) comptent
sur cette technologie pour retenir des clients apeurés
par la récente hausse des prix du carburant.
Toyota leur a ouvert la voie, et compte même décliner
la technologie hybride en diesel... histoire de conserver encore
un peu d'avance.
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